Explication du "pourquoi" et du "parce que" Cette biographie est due à la rencontre sulfureuse et dévastatrice que j'ai subi avec une femme en laquelle je croyais naïvement, il en résulte cet ouvrage et une compilation de 12 chansons dont l'album s'intitulera: "G..." (écouter extrait), après cela , j'aurai brisé définitivement les chaînes sentimentales qui me rongent depuis plus de quinze ans, mon coeur pourra se mettre à disposition d'un nouvel amour... |
" Chère Vie Vengée "
Autobiographie Sort et Destinée En admettant que l’on ne choisisse pas son arrivée (naissance), et son départ (mort), se peut-il que nous tenions un peu de notre devenir à un quelconque instant de notre vie ? Sans prendre le risque de l’affirmation, je vous propose cette réponse. Oui et non !
Car, si vous laissez échapper ce qui vous aurez chargé de sens l’existence
même, alors, le sort vous dupe et se rie de votre désarroi.
Et
si vous savez conserver et préserver ce qui vous a été donné par une rencontre
épanouissante, alors le destin vous gratifie et vous enjoue.
Mais, dans les deux cas, ne sommes nous pas tributaires de la providence ? En vous racontant mon histoire, unique et non exemplaire, serez vous sensible à ce qui vous arrive dans vos activités journalières? Vous assimilerez vous à l’idée que nous dépendons d’une infinité de possibilités et nombre de gens ne tendent que vers la quête de la reconnaissance par le biais de ce que nous nommons incidemment et très légèrement ; l’amour. Ainsi, ils en sont parmi nous des plus lotis dès le départ, qui ne soupçonnent pas les détresses qui vont et qui viennent au fur et à mesure que les générations surgissent, d’autres individualistes ne s’intéressant qu’à leur périmètre mental, puis, les plus esseulés; dans la catégorie des laissés-pour-compte, signe là une sorte d’expression de la nature intrinsèque de l’homme, excepté ses quelques facultés que sont la volonté, la pensée, sûrement la préméditation, consisterait-elle à rivaliser (la nature) sans cesse à briser ce qui peut sembler une parcelle de bonheur ici où là ? Sans décrier ni vociférer, je retrouve en calquant sur ces schémas le synopsis de mon aventure terrestre commencée voilà quarante six ans...
Le
sort ne vous fait pas entrevoir qui vous êtes, et la destinée se charge
de vous rappeler ce à quoi votre vie ressemblera, elle vous indique le
chemin du sens. Aimer, a-t-il un sens ?
Si j’écris ce n’est que parce que tu existes, tu fais partie
intégrante de ma destinée, tu es mon coup du sort, je ne t’aimerai jamais assez
pour que tu sois dépeinte par ces vocables,
ma mie de pain, mon aliment , ma force. À
tel effet, le sort en est jeté mais pas la destinée. Si rien ne me convient vraiment, il ne faut plus que je cherche de trop des prétextes, des explications ou des raisons, quand je retrace un résumé de ma vie, aussi loin que mes souvenirs d’enfance, je sais pourquoi je ne suis pas entré dans les rangs, car, manquant de parents en sachant pertinemment qu’ils existaient, j’entrais de suite dans le royaume des hommes avec un rejet, puis, dans une tenace envie de trouver l’âme sœur, celle qui m’eût sauvé en donnant un sens, une sémantique auréolée de plaisir et d’alacrité. Mais je ne fais pas parti de ceux ayant ce droit de vie terrestre paisible. Seul le regret en adjonction de refus permanent demeure mon état moral amoindrissant tout enthousiasme. La seule parcelle jouissive que je préserve est de tenter de rendre des menus services et des plaisirs simples à qui je rencontre n’importe où, n’importe quand et n’importe comment. Car si le bonheur est si limpide qu’il me glisse entre les doigts, je veille à ce que cela ne se produise pas à tout le monde. .............................................. Le Sort Ce chapitre déploie ce qui fut mon avènement de manière sobre et concise, il n’est qu’un ensemble d’allusions de mon cheminement arpenté dans de ces sinueuses solitudes entremêlées de romantisme, de désirs et de déceptions non voilées. Ce n’est qu’une histoire banalement originale.D’un à cinq ans A peine debout, je côtoyais les grands de l’école catholique du village, des grands de six ans ; pensez ! Mais par ce, je grandis de façon précoce. Bien qu’ayant encore une couche, je n’en demeurais pas moins aventureux et intrépide. Pour sûr ; entre un et cinq ans les notions de gravité et de danger ne sont même pas source d’inquiétudes et de préoccupations, si si, je vous l’assure. Il ne me reste que des brouillards de réminiscence de cette période quasi insouciante de ma vie, mais je garde fort en moi le souvenir de cette fille qui me terrorisait (déjà), que pouvais je donc lui avoir tant fait de sensation pour subir de tels assauts d’insistance? Avais-je manqué un premier rendez vous pour ne pas l’avoir noté, faute de ne pas savoir écrire ? Avais-je une autre prétendante rendant furieuse la dite demoiselle harcelante ? Ou n’était ce que des gamineries incontrôlées ? Probablement que la réponse à mon étonnement est-ce plus près de cette caractéristique infantile ?! Pour ce qui est de la mémorisation d’anciennes péripéties, celle ci m’a marqué au fer de l’étonnement à tel point que je m’en souviens encore… J’appris que j’avais un frère et une sœur. D’un à cinq ans, ma sœur m’appris à marcher avec plus d’assurance. D’un à cinq ans, je cassais mes jouets, pourquoi ? J’ai omis de les interroger à ce sujet ! Bah ! Il y aura sûremen t en quelque lieu un esprit φ pour s’aventurer pour l’expliquer ; ce qui d’ailleurs lui permettra d’oublier ses propres insuffisances…D’un à cinq ans, j’allais à l’école, et j’ouvrais des livres pleins d’images… Je compris que mon père exerçait son potentat paternaliste naturellement. D’un à cinq je découvrais les chats. D’ailleurs ils m’étonnent toujours ces félins de gouttière. De six à dix ans Quand le coiffeur venait à domicile, je m’arrachais les cheveux pour qu’il ne me touche pas, si bien qu’il pliait sa paire de ciseaux, sa tondeuse, et ses peignes en disant en mes parents qu’il n’avait jamais vu ça. Moi aussi je n’ai jamais vu ça. Durant les vacances, j’avais droit aux colonies de vacances, un mois à la mer, un mois à la montagne, et lors des petites vacances les camps de ski ou autre satisfaisaient le remplissage pour couvrir l’année civile loin du foyer parental, loin du nid. De six à dix ans, je pleurais quelquefois pour voir ma mère et mon père, qui me manquaient cruellement. Mais rien n’y palliait. De dix à seize ans En quittant l’enseignement primaire, pour entrer au collège, après les maristes, j’entrais chez les séminaristes. Je rencontrais là des élèves qui inauguraient leur vie de pensionnaire. En voyant certains déstabilisés, je me sentis fort et confiant, car, je faisais figure de vétéran malgré mon jeune âge. Ce qui me conforta pour affûter mon humour qui de dérisoire se transforma en dérision. Quoiqu’il en soit, les semestres se suivaient, et vers quatorze ans, à l’âge où l’on s’intéresse aux filles, par des concours navrants de circonstances qui ne l’étaient pas moins, par une mère qui m’oppressait sur le sujet, elle qui eut souhaité me voir prononcer mes vœux de chasteté, et que j’endossas une soutane pour consoler les âmes éperdues de mes sœurs dans la faute, qui m’imaginait animer un synode de prieurs en costumés de soutane sans le sentiment qui pousse vers l’amour que chacun désire malgré une castration mentale volontaire, animé de mes pulsions, je variais mes attitudes et négligeais totalement les études ; je levais la première fois le poing brandi vers la connerie de l’espèce à laquelle j’appartenais. Le désarroi de mes parents fut à la hauteur de ma réaction, ils ne saisirent pas l’ampleur de ma souffrance et du lourd fardeau de mon vécu privé d’affectif. En clair, je dysfonctionnais, et cela dure …, cela s’est réactivé en fait beaucoup plus tard.
........................................ La Destinée De trente deux ans à encore Lorsque tout paraît bien ancré et stable, les événements vous précipitent vers un devenir fulgurant, et cela sans calcul ni préméditation. De facto se croyant arriver à la situation convenable et sereine, tout bascule pour un regard et une voix, tout s’échappe. Bien sûr, cela caractérise la fragilité de nos attitudes et de nos réelles relations et cela m’est arrivé à la trentaine révolue. Mes deux enfants avaient alors huit et dix ans (ils ont grandi depuis). Si ma vie s’en est vue modifiée, celle de mes proches en a subi de même les effets directs, ce qui eut du devenir un bonheur se mutât en désastre affectif et je n’en suis pas remis à ce jour. ………………. /…………… Cela se passait en mai 1990, le 3 précisément. (J’en ai composé une chanson) Fallait-il que le sentiment l’emportât sur l’intellectuel, car, pour spontanément tout lâcher, seule la passion pouvait me précipiter dans l’abîme de la folie amoureuse. Et avec le protagoniste féminin invisible évoqué au début de ces lignes en cascade, l’aveuglement fut moral, mental, affectif, sensoriel, en clair, mon entier ne se doutait de rien, et rien ne laissait présager que tout allait foutre le camp. Car pour ce, encore fallait-il être au bon endroit au bon moment, et ce fut le cas. La destinée s’exprimait dans sa roublarde présence dont tant doivent dépendre et dont tant d’autres ont du en subir les effets dévastateurs. A compter de cette tourbillonnante spirale sentimentale, tout ne ressemblait plus à rien. Le sort de ma destinée me gangrenât, je ne fus plus alerte et audacieux, car ce que j’avais idéalisé durant des années d’attente sans espoir que cela puisse se réaliser surgit tout à coup en un instant, sans prévenir et pendant quelques mois ce fut le paradis sur terre, un paradis qui ouvrait en grand les portes de l’enfer terrestre. La démesure de ce sentiment partagé nous couvrit d’allégresse, tout ce qui pouvait se passer autour de nous ressemblait à une autre réalité ; par conséquent : « La réalité s’échappait et nous courrions au devant de l’échec tant ce fut intense… ». Cela nous ne savions pas encore, nous ne le pensions même pas. Le coup du sort s’installait pernicieusement. Je demande au sort de laisser la destinée suivre son cours sans cascade et sans précipitation. S’il vous plait, merci ! Pour en arriver à « plaquer » sa vie régulée et somme toute ordinaire, il fallait qu’un événement de taille surgisse pour la délaisser sans remord aucun. Cet événement peut se nommer aussi bien l’exotisme, la nouveauté si ce n’est le renouveau, la découverte, l’exploration, mais il reste l’animateur de la passion illuminante, celle là même qui éblouit, qui aveugle. Et qui expliquerait le pourquoi de cela ? (Si je me raconte, c’est pour essayer de convaincre ceux et celles auxquels cette situation pourrait se présenter à l’improviste, de ne pas foncer cœur baisser et tête ouverte. Car ils risqueraient de connaître à leur tour l’excellence spontanée de se sentir fusionnant ; et tant le feu ardent dévastateur les consumeraient, que les lendemains ils verraient un fourbe revers les empêcher d’aimer et d’être aimé aux entournures, tant ils en seraient étouffés et privés de volonté. Car il faut considérer ce tourbillon relationnel comme un aparté qui peut vous anéantir l’esprit et tout espoir de recouvrir un sentiment serein. Pourtant, en ayant connu cet état, vous ne vous contenterez plus jamais d’une relation fade et routinière. Vous exclurez le remplissage de l’espace et de temps, vous éconduirez la médiocrité). Cette parenthèse puisse-t-elle s’inscrire au fond de votre mémoire pour vous épargner de toute rupture et cassure irrémédiable. Nous nous rencontrâmes lors d’un stage de poterie, une session entrant dans le cadre d’une formation de travailleur social. En terme de social , là, c’est à pouffer de pleurs, car plutôt que de mettre en application les belles intentions véhiculées lors de cette démarche, c’est le contraire qui se produisit. Oui ! Car la désocialisation se manifesta par la cause de notre folle induction amoureuse. D’ailleurs, j’ai en mémoire que notre union subite a déstabilisé l’ensemble du groupe qui nous côtoyait. Ce qui veut dire item, que la passion dans son expression transparaît à ceux qui la croise et l’effleure, et ce malgré eux. Qui sait si elle ne donne pas envie à tous ces témoins de proximité de connaître les mêmes sensations ? Bravant les usages et n’écoutant que nos irrésistibles pulsions, nous n’avions que fi des convenances. Et l’amour passionnel nous dictait nos étranges comportements. Nous étions seuls contre le monde entier. Et nous voilà dans le cocon de l’étrange sensation de n’être qu’un. Je ne mesurais pas les conséquences que cela allait provoquer. Ni elle d’ailleurs. Nos vies respectives changeaient de cap, son fils et mes enfants ne savaient pas encore la tournure de nos destinées, qui eut pu soupçonner cette nouvelle donne relationnelle dix jours auparavant, ni les enfants, ni elle, ni moi. Ni personne. Parce qu’elle sortait d’une histoire sentimentale, parce que la mienne était consommée, parce que nous étions là face à face sans ne l’avoir prémédité, la destinée nous invitait à changer le cap de nos chemins, à tirer un trait sur le récent et le passé, à modifier l’actuel. Voilà pourquoi je vous convie à me suivre dans les périples de ces treize dernières années, car ma vie, mais aussi celle pour laquelle je modifiai le cours de mon histoire, a pris une déroutante saveur entremêlant l’illusion d’aimer et la simple réalité du sort qu’offre la destinée. .................................. L’inattendue L’inattendue, est-ce la journée de la rencontre, ou la femme rencontrée une journée de ma vie? Les deux en ce qui me concerne, mais présenté de la sorte. Si j’étais destiné à me présenter ce jour là pour une session d’une dizaine de jours, inscrite dans le cadre d’une formation de travailleur social, je le rappelle, ma destinée allait croiser la destinée de celle qui s’était présentée ce même jour pour la même raison. En cette période, je ne prenais pas au sérieux la démarche de formation à laquelle je participais, mais, comme mon couple avait un ensoleillement déclinant, cela me sortait un temps de cette routine qui manquait grandement d’imprévus et d’improvisation. En clair, je m’adaptais à contre cœur à un genre de monotonie, que j’acceptais par amour pour mes enfants. Quand était-il de cette femme ? Elle aussi sortait d’une histoire tumultueuse, et ses lendemains n’avaient pas de lumière à l’horizon de ses désirs. Je me souviens comme si c’était hier, de la première fois que je l’ai vu. Mais cheminons un peu en arrière, quelques heures plus tôt. Pour n’utiliser qu’un véhicule pour le trajet, une copine m’avait proposé de venir chez elle avec ma voiture, puis de là elle me transporterait à partir de son domicile au centre dans lequel se déroulerait la dite session. Or, je fus en retard au rendez vous fixé, et par solidarité, elle m’attendit docilement. La veille, j’avais un peu appuyé sur le carafon. Bref ! Nous partîmes avec une heure de retard sur l’horaire initialement prévu. En arrivant à destination, alors que bien des intervenants du groupe avaient déjà rangé sacs et couchages dans les lieux prévus à cet usage, et que les présentations se déroulaient dans une ambiance « bon enfant », je débarquais dans la salle de réunion, chargé de mon fatras. Je connaissais environ la moitié des personnes présentes dans la pièce depuis deux ans que j’avais engagé cette démarche, car évidemment des gens de ma promotion y participaient. Il restait une place vacante, et je m’installais. Après avoir esquissé quelques signes de salut à ceux qui me connaissaient, j’écoutais les unes et les autres étaler leur patronyme et autre en faisant part de leurs ambitions respectives. Et, tout en regardant l’ensemble du parterre présent, je m’attardais sur une femme brune, vautrée sur sa chaise les genoux pliés et les pieds sur le fessier de sa chaise. Instantanément, quelque chose me perturba, j’étais sous le charme, une pulsion irrationnelle m’envahit, la destinée allait-elle changer ma vie par un coup du sort subit et inopiné ? Dès la pose cigarette, je m’empressai d’aller vers elle. Son regard, ses yeux, sa voix, ses chevilles, sa nuque, sa silhouette, ses cheveux, ses mains, son entier ; je tombais follement épris, je ne voulais pour rien au monde quitter ce tout. Elle le sentit et me le rendit. Tant, que j’en ai composé une chanson spécifique (chanson dont le titre est son prénom ; prénom qui n’apparaîtra pas dans ces lignes). Au fond de moi je me persuadais qu’il me fallait cette femme pour compagne, et chose surprenante, sans délai, immédiatement. « Au fou ! » allez vous dire !? Non, ne le dites pas, ne le pensez pas. L’étrangeté de cette révélation n’est pas très cartésienne j’en conviens, mais que ceux qui l’ont vécu acquiescent. Et je vous en conjure, ne vous croyez pas à l’abri d’un tel effet conséquent à une rencontre quelle que soit votre vie affective. Comment pouvais-je résister ? Et pourquoi résister d’ailleurs. Et pour les dix journées à venir nous n’allions plus nous quitter. Seule la première nuit fut vécue l’un sans l’autre. La sachant si près je ne pus dormir, je ne pus accepter qu’il m’ait fallu plus de trente ans pour la croiser, pour qu’elle me croise. Car, à n’en pas douter, nous étions faits sur mesure pour nous unir. Étions ? J’y songe et me dis que cela prévaut encore. Lors de ce séjour durant chaque repas nous mangions toujours côte à côte, et le reste du groupe vivait mal notre révélation étalée ostensiblement. Entendu que lorsque l’on accepte une démarche collective pour une activité il est d’usage de laisser la vie privée hors du déroulement des divers ateliers. Certes, malgré cette conduite à tenir, le feu ardent de notre amour démesuré nous guidait dans tous nos faits et gestes, et nous ne pûmes en faire abstraction. A fortiori je suis persuadé que nous avons à la fois généré un malaise assorti d’une envie empreinte de jalousie au regard de tant de tendresse non voilée et une secrète admiration. Si un des anciens participants de cette tranche de vie lit ces quelques lignes, qu’il ne soit pas indigné, car elle et moi n’avons voulu froisser personne, mais simultanément nous n’avons laissé personne nous interdire un amour authentique, quatorze ans plus tard, je l’aime à l’identique car elle m’aime n’en doutez pas ; je le sais. A cet instant de la révélation vous pensez que la situation est pathétique (?) Le douze mai, jour de mon anniversaire, le stage prenait fin, et quand je demandai à celle qui m’éblouissait tant ce que nous devions faire ( ?) ; elle m’a pris la main et n’eut aucune difficulté à me faire comprendre que si nous sommes arrivés seuls de notre côté sans nous connaître, maintenant, nous devons partir tous deux du même côté. Quelle que soit la direction ou la destination. Elle ira où j’irai, j’irai où elle ira, voilà la pensée inscrite et sans regret. Notre premier tête à tête, notre premier huis clos, notre première soirée intime sans que nul ne vienne nous déranger pour telle ou telle raison, eu lieu le jour de mes trente deux ans. Nous fîmes escale à Anduze dans le Gard. Ce soir là ; notre frénésie alimentait des projets d’avenir prometteurs et s’affiliant à des idéaux envoûtants. Nous étions dans le bonheur. Nous nous aimions tant, que nos propos avaient saveur de vérité et d’universalité. Des belles perspectives pour les lendemains et après… Nous filions une telle relation fusionnelle, et l’intensité de notre rapport ne pouvait pas ne pas se voir de l’extérieur ; mais nous ne faisions pas cas des réactions du monde que nous pouvions croiser tant le champ de notre vison était volumétrique, sans azimut. L’amour global et exclusif nous a singularisé, isolé. Cela éveillait des craintes et des étonnements. Cet amour pris au plus au point de sa charge émotionnelle nous a distancé de la réalité que nous connaissions, les journées ne s’écoulaient pas comme des gens régulés par le travail, le loisir ou des occupations plus tranquilles telle la lecture, le cinéma, que sais-je ? Nous n’étions que nous pour nous. Toutefois, la force mentale de mon « bébé » (c’est ainsi que je l’appelai), nous a aidé à tenir un peu le cap. Sans cette puissance qu ‘elle contient, nous aurions sombré dans la folie et la mélancolie. Dans la décrépitude et le désoeuvrement. Le camping Pendant les premiers mois de notre vie commune, il nous fallait tout réinventer, elle dans le cadre de sa formation en cours alors que de mon côté l’aventure s ‘achevait et je continuais le travail que j’occupais dans une institution médico-pédagogique. Mais en tout quittant, en fuyant le domicile conjugal, et dans cette sulfureuse histoire amoureuse, tout nous convenant, nous louions un emplacement dans un camping minable, cela nous suffisait pour un temps. La saison d’été nous permettait de prendre cet habitat temporaire en souriant. Ça ne déplaisait pas à nos enfants, lesquels, j’ai omis de le signaler avaient sympathisé spontanément, et leur complicité rayonnait. Un point de plus en faveur de cette soudaine relation, entière et exclusive. Nous étions au bord d’un cours d’eau, et la baignade à proximité du domicile de toile avait un charme assuré, mieux qu’une piscine. Pour l’alimentation, le matin le réchaud à gaz suffisait pour apprêter chocolat et café, et les midis et les soirées les grillades de toutes sortes ravissaient les enfants bien sur, mais nous aussi, heureusement. Si je me souviens de tout ceci, elle doit s’en souvenir autant que moi, et franchement bébé, si tu me lis, le confirmes-tu ? N’en gardes tu pas une saveur incomparable ? Une vie de bohème et champêtre avec des fous rires et des vigilances accrues pour nos enfants qui à ce moment là avaient respectivement , six, huit, et dix ans. Cette existence champêtre se passait en Ardèche cévenole proche des Vans. D’ailleurs le samedi matin nous parcourions le marché les mains dans les mains tous les cinq, et les regards qui se portaient sur nous, l’amour devait se lire dans nous. Quelle force. …………….. /……………. L’Espagne En avril 1993, et après des négociations faciles pour obtenir des autres parents de nos enfants, le père de son fils et la mère de mes enfants une autorisation de sortie du territoire, pendant les vacances de Pâques, nous partîmes en Espagne, en Andalousie exactement, précisément à proximité de Almeria pour ceux qui connaissent cette région de la péninsule ibérique. Sur petite commune de Las Negras (Les Noires). Près de mille trois cent kilomètres nous attendaient, notre engouement nous dopât à l’extrême. L’enthousiasme qui nous habitait ne nous laisserait pas nous décourager pour vingt heures route en horizon des heures prochaines, et une fois les préparatifs terminés, nous voilà partis, tous les cinq, vers des décors du littoral méditerranéen. Quand on a la trentaine révolue et que l’on se sent porté par cette sensation qui élève et qui anime le sens de la vie, nous avons fait le trajet d’une traite. Soit mille deux cent cinquante kilomètres en dix huit heures de route, arrêts inclus évidemment. La fatigue ne se manifestait pas. Un fois arrivés, certes j’ai du dormir un peu, car l’attention et la tension toutes deux soutenues m’ont rappelé combien j’avais éprouvé mes sens. Les enfants quant à eux avaient plus ou moins bien dormi dans le véhicule qu’ils se mirent de suite à investir les lieux et le jeu l’emportait sur le reste. Ma « bébé » elle, découvrait l’endroit en comprenant pourquoi ce lieu s’appelait les collines noires (Pas celles de Lucky Luke), en effet les monts étaient noirs, et charger le décor d’une atmosphère particulière. « …Rendez vous dans dix ans … » Novembre 1997 Un soir, alors que je vivais avec une compagne de circonstance, dans une harmonie acceptable, une femme que je connaissais depuis plusieurs années et avec laquelle nous nous étions mis en ménage depuis juillet 1993, comme pour bâtir un refuge salvateur et réparateur. Car nos histoires se ressemblaient, et elle et moi s’accrochions à une lueur d’espoir, un ersatz de semblant de bonheur, un colmatage relationnel. Nous étions hantés à l’idée de vivre seuls. Oui, un soir comme je disais, le téléphone sonne. Je réponds. La chair de poule m’envahit, au bout du fil une voix familière s’enquiert de moi. Voyant que je m’éloignais réellement du présent de ma vie calée, celle qui partageait mon toit s’insurgeât. Elle me saisit l’appareil de la main et demande à l’interlocutrice de plus appeler ici. Elle raccroche en sermonnant vertement la correspondante de l’inattendu. Mais c’est mal connaître l’entêtement de « ma bébé » (c’est ainsi que je me plaisais à la définir, vous rappelez vous ?), et je reprends donc la conversation rompue brutalement à nouveau par celle qui partageait ma vie à ce moment là. Ma compagne réitère ses injonctions et raccroche à nouveau. Que voulez vous, n’étant pas un bourreau de cœur j’étais dépassé par les tournures subites que prenaient cette soirée. Pour ce soir là, les appels cessèrent. Le lendemain les appels se renouvelèrent. Et des mots s’échangèrent entre ma prétendante et celle qui me jalousait car je vivais avec cette dernière. Ce que je peux dire avec certitude aujourd’hui, c’est que mon absence de réaction me coûte cher, très cher. Car à la réflexion, j’eus du quitter sans délai le lieu où je vivais pour partir rejoindre celle qui occupe encore et toujours ma pensée. Quelle gabegie sentimentale en fait. Les insistances téléphoniques durèrent environ trois semaines, et fallait-il que je fusse con au point d’attendre. Car moins de deux années plus tard je me séparais de celle qui faisait de moi son homme, sa propriété relationnelle intime. Il s’en fallut de peu que je décidasse de mettre un terme à ma vie routinière et banale en allant là où il fallait que j’aille. Seulement des imbécillités d’ordre moral et me retinrent, en effet ma fille vivant avec son père était scolarisée au lycée local et ne voulant compromettre son cheminement scolastique, je sacrifiai mon désir au profit de son parcours d’enseignement. Une fois de plus cela me semble ridicule, car ce n’était pas tous les jours roses chez nous. Un peu ces appels qui envenimèrent la relation déjà incertaine du couple dont j’étais un élément, un peu les difficultés de dialogue entre ma fille et ma compagne, ajoutez à cela que rien ne me retenait professionnellement, un goût acerbe d’acte manqué et décisivement marquant à inscrit à jamais dans mon cœur ce sentiment désastreux de l’échec fasse au potentiel de réussite. S’il le fallait cet ouvrage pourrait n’être éditer qu’à raison d’un exemplaire destinée à la femme que j’espère matin, midi et soir, celle là même qui occupe mon esprit présentement. Le pari Dans mes ouvrages précédents (voir astérisque 1), j’ai consacré à la Dame que vous avez découvert durant la lecture de ce livre un poème de quinze strophes, érigé en alexandrins pour lui fixer un rendez-vous décisif, sur un site particulièrement solennel. Un pari qui devient l’enjeu de la vie à venir.En croyant fortement que son sentiment à mon égard hiberne en attendant que je me manifeste, j’émets le pari qu’en me lisant une étincelle latente réactive son désir de sacraliser ce qui à débuté voici dix sept ans, donc notre désir et son envie, donc notre envie l’un envers l’autre. Certes le risque d’essuyer un échec est réel, tant pis j’ose croire en cette perspective d’avenir et en finir une fois pour toute de cette espérance continuelle et d’enfin la transformer en certitude, laquelle qu’elle soit. Existentiel. Mon plus grand espoir demeure une réponse positive en vue d’un engagement formel. Dans le cas contraire, je garderai en moi cet amour et resterai stationnaire jusqu’à la fin. Quand vous lirez ces lignes, elle aura eu connaissance du rendez vous que lui ai fixé pour le premier jour de l’été deux mille sept, le jeudi vingt et un juin précisément. Quand vous aurez fini ce livre, peut-être convolerai-je pour de vrai (comme le dirait un enfant heureux), peut-être en aurai-je terminé du parcours initiatique de cette quête terriblement oppressante, et dont il devient vital d’en finir sur le doute, sur mon doute. Car je ne pense pas qu’elle soit dans de ces questions qui embarrassent le quotidien, son quotidien, elle attend que je me manifeste. La suite, n’appartient qu’à ma future destinée et à ma future estimée qui saura partager avec son galant tout ce que la vie et l’amour donneront de désir à prêter un sens à l’existence en excluant la souffrance inutilement manifestée dans notre relation ; et dont elle et moi sauront nous dispenser allégrement. A toi « Je ne t’attendrai plus car tu seras là à mon côté, si près de moi que nous ne serons qu’un, enfin ! » ................................. .............. (1) : Lire « Alacrité » et « Hors temps -Hors d’œuvre » Editions Bénévent Pour accentuer les diverses sensations dissimulées dans cet ouvrage, l’auteur vous invite à lire les diverses étapes du livre en écoutant : Frédéric Chopin Concertos 1 & 2 pour piano et orchestre, Les 14 valses interprétées par Witold Malkusinsky Les Impromptus jouées par Gabriel Tacchino Les nocturnes et les Polonaises restitués par Georges Cziffra Django Reinhardt L’ensemble de l’œuvre convient à ce voyage dans le temps, particulièrement lorsqu’il est accompagné de son acolyte le violoniste virtuose Stéphane Grappelli. Georges Brassens Tout le répertoire du poète chanteur. Ajouter sans vous gêner les supports sonores qui vous captivent pour donner un relief supplémentaire à l’histoire de cette rencontre. |
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