Jérôme Charrier...Ecrivain,essayiste,aphoriste,parolier Jean des rieux

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« LA VIE D’ UN ANE , 60 ANS SOUS UN BÂT »

Récits et dialogues contés et écrits par Jérôme CHARRIER

( un cadet de Jean )

Jean des Rieux et son chapeau de paille...

Sourire destiné à qui le prend.

Contact:  jrm.charrier@free.fr

Je vous propose des bribes de chapitres pour vous emportez vers le climat méridional où  Jean à grandi...

Introduction 

L’ouvrage qui va vous occuper se veut le témoignage d’une aventure humaine peu banale, ouvrage agrémenté d’une compilation d’anecdotes et de tranches de vie, elle suit l’évolution d’un homme, qui au gré des années qu’il a traversé, contribue à nous rappeler cette proximité qu’avaient certains anciens avec le quotidien, en soulignant leurs capacités d’adaptation aux événements qui les concernaient durant leur existence, comment ces hommes faisaient-ils face ? Hé bien, plutôt que d’être des figurants, ils apparaissaient tels des acteurs déterminés sans grand souci des lendemains, de leurs lendemains. Ainsi, parmi ces dits acteurs, un ici retiendra particulièrement notre attention tout au long de ce livre ; j’ai nommé :

Jean des Rieux

 

Les divers chapitres de cette biographie sont extraits d'une série d'entretiens entre Jean des Rieux et de Jérôme Charrier, votre serviteur. Considérez dès lors, que chacun sera à son poste, le narrateur et sujet de ce livre : Jean, à la fois maître d’œuvre et architecte, sans lequel l'édifice de cette histoire n'aurait pas de fondation, ni de fondement.

Et l’agenceur de cette histoire : Jérôme ; avec en guise d’outils le stylographe et la feuille blanche. (Quelquefois un magnétophone pour ne rien perdre des flots de paroles de Jean lorsqu’il était lancé dans ses évocations)

Nos entretiens se sont déroulés quelques fois autour d’une table, mais le plus souvent lors de ballades dans la périphérie de « Les Rieux » (hameau du village de Lussas en Ardèche méridionale. Dans la magie d’un décor marqué du passage de nos prédécesseurs ayant gravés sur ce site leurs empreintes séculaires et pour une pérennité assurée.

Je précise pour le lecteur, que parfois, lorsque vous ne verrez que Jean sur le papier, il s’agira bien entendu de Jean des Rieux, si d’aventure, un autre Jean survenait, je le préciserai.

Autre mise au point utile , et par respect de préserver l’authenticité du propos , l’écrivain certifie ne pas changer un iota , un mot des narrations de Jean , et si par extraordinaire un vocable revêtait un sens local (du patois cévenol par exemple) , la traduction dans la langue de Molière s’ensuivrait immédiatement , par conséquent , la couleur du langage de Jean sera sauve , et le lecteur pourra savourer la teneur de l’idiome .

Enfin, nous n’avons pas jugé indispensable, de narrer les faits dans un ordre chronologique, pensant que cela ne déparerait pas l’originalité de ce témoignage humain s’il en est ?

Par acquit de conscience et de mise au point, les divers récits qui vous seront proposés durant votre lecture, s’étaleront des années trente à nos jours. Merci de votre attention !

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Explication du sous-titre.

« La vie d’un âne, 60 ans sous un bât » 

La ruralité des années trente à cinquante menait encore la vie rude aux hommes de nos contrées , ou le sol est pentu , caillouteux , aride , difficile d’accès , parfois avec tous ces aléas à la fois , si , âne bâté veut communément dire : simplet , niais , imbécile par extension , un bât , lui s’éloigne de cette signification , un bât est à l’âne , ce que le joug est au bœuf , il s’agit d’un lourd collier de bois et de cuir destiné a amarrer les charges de la mule , du mulet et de l’âne évidemment . Un âne sous le bât veut dire pour l’occasion, si la métaphore est recevable, un homme devant faire face au dur labeur du aux contraintes du travail de la terre dans la période sus citée, avec des outils certes, mais à peu de distance de la pénibilité du moyen âge, et fort heureusement un suppléant sans faille, la bête de somme.

Vous avez compris, que Jean n’a pas bénéficié de tous les avantages de la mécanisation des engins agricoles tels que nous les connaissons aujourd’hui pour le travail de la terre. Ce paragraphe n’a pour autant pas la prétention d’enseignement et de pédagogie, il se veut être un rappel pour ceux qui ont mémoire de ce temps là. Tant mieux toutefois, s’il a instruit quelques uns d’entre vous.

Pour que l’humilité jaillisse durant tout le déroulement de cet ouvrage, admettons d’ores et déjà que par le passé bien d’autres que Jean ont vécu ces contraintes, il le sait, je le sais, vous le savez.

Pour terminer sur cette explication sommaire, il ne faut pas s’imaginer pourtant que le travail de la terre aujourd’hui soit de tout repos, Jean me l’a rappelé lors de nos conversations…

Le travail de la terre ne souffre d’aucune négligence.../...

 

Prolégomènes 

Il est de ces hommes dont la rudesse de la vie n’a pas été suffisamment dissuasive, ni trop aigre pour leur en interdire l’accès à la bonne humeur et la saveur du discours.

Et c’est par là-bas , dans ces contrées campagnardes , flanquées entre les Cévennes et la Provence , alliant les deux climats , un peu de la montagne , un peu de la garrigue  ; les deux accents , les deux climats , et par un brio typique aux hommes de ces lieux ( comme le lieu dit précisément : « Les Rieux » .) , qu’une spécificité Vivaroise , an seing de l’Ardèche méridionale , s’est affirmée par la volonté des gens de ce pays , pliés aux forces vives de la nature , ces héritiers et descendants du peuple Helvien , et depuis quelques années , ( j’ose penser ) , les lointains neveux des propriétaires de la grotte Chauvet , dormant depuis des lustres , à seulement trente kilomètres de « Les Rieux ».../...

« Les Rieux » 

En patois local, les rieux signifient : les ruisseaux.

 

Où sont « Les Rieux » ?

« Les Rieux », ce hameau de pierres que les hommes ont hissé en murs épais,

        au tout venant que la forme et de la dureté de ces dites pierres présentaient, et par une judicieuse capacité d’adaptation à l’environnement, ces hommes se sont installés près des ruisseaux qui pullulent sur se site aux traits austères. Et, un beau jour, le quatre janvier mille neuf cent vingt huit, un bébé voyait le jour, et ses parents lui donnèrent comme prénoms :

Jean, Louis.

En cette période d’entre deux guerres, la vie à « Les Rieux » était on ne peut plus rude, toutes les commodités actuelles étaient à venir, mais ; la ferveur des gens du lieu passait outre et l’enfance du gamin Jean s’égrenait dans les terres, et dans la basse-cour. Ce qui indique, malgré l’âpreté des journées du labeur, que l’alimentation n’était pas une question primordiale, et le rythme du quotidien au gré des saisons vit le bambin grandir … Jean, malgré la guerre a goûté aux plaisirs de la vie champêtre dans l’insouciance qui caractérise les gamins…

Et pour ce qui va nous occuper dans les anecdotes qui vont enjouer les lignes de cet ouvrage, nous allons nous intéresser, sur la commune de Lussas, en contre bas de la chaîne du Coîron ; à un de ses enfants du pays, un de ses piliers porteurs, incarné en la personne de : Jean des Rieux, qui doit vous commencer à vous semblez familier.

Mais ?

Qui est Jean des Rieux ?

Jean est un de ces passionnés qui font figure dans une localité, et bien au delà. Il devient inspirateur pour ceux qui hésitent, conseiller modéré et humble, et vous n’allez pas le croire, certains doivent secrètement garder en mémoire ses coups de gueule, et cela uniquement si l’injustice d’une situation planait et s’imposait à son sens. Bref, Jean est un rural, qui vante par de là les frontières, l’esprit gaulois qui est tant sujet de curiosité et d’admiration parmi les autres peuples. Il incarne à lui seul , cette identité qui nourrit notre fierté , il est généreux , bougon , ripailleur , frondeur , tenace et républicain , le tout soutenu par une ardeur au travail qui lui vaut le titre de respectabilité , sans émettre un doute . Mais Jean, c’est aussi un idéaliste, un rêveur, un poète dans l’âme. Si vous rencontrez Jean au détour d’une laye, au croisement d’un sentier, vous ne pourrez que le reconnaître. Qui plus est, Jean aime à rire de bon cœur, et son humour n’est pas en reste. Enfin , dans cet ouvrage , vous verrez apparaître quelques figures de « Les Rieux » , notamment Michel , copain d’enfance de Jean et ami par la suite , et pour donner encore plus de corps à cette amitié , ils sont tous deux « classards » , ( dommage que ce mot ne soit pas académique , car il est d’un usage national ) .

Encore un détail incontournable, Jean est très volubile, et il dégage beaucoup d’enthousiasme à raconter ses périples.../...

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L’histoire du Docteur de Grenoble 

Je venais voir Jean chez lui, pour boire le café. Nous avions prévu une courte randonnée, car il fait froid dehors en fin janvier. Et puis, les chiens sont avides de ces escapades, au rythme nonchalant de l’ancien. Il me fallait rappeler à mon ami ce qu’il m’avait plus ou moins narré, concernant le docteur de Grenoble. Jean attache beaucoup de valeur à ce récit. Aussi, sera-t-il le premier d’une série enthousiaste. Lorsque le toubib dont il est question découvrit « Les Rieux », il en fit spontanément son pèlerinage hebdomadaire. Cet homme, époux d’une femme dont rien ne surgit dans le récit, était de ces gens qui par leur statut social ressemblaient à de ces notabilités qui impressionnaient les contadins, du mois en étaient ils persuadés (?). Donc, voici ce couple et ses deux filles se fidélisant au lieu dit : « Les Rieux ». Si je vous dis que la trame de ce paragraphe a pour objet central les filles du docteur, que votre attente soit pleinement satisfaite par ce qui va suivre. Il vous plaira venant de Jean, l’appréciation suivante de l’historiette qui va suivre, ainsi, je demandai à Jean :

- Jean, raconte nous l’histoire du docteur !

Je me souviens du sourire en coin de Jean, et du plaisir que ses yeux trahissaient. A ce moment, nous décidons d’aller marcher, pour les chiens, et pour nous, bien sur. Dès que Jean se leva, les chiens manifestèrent leur empressement, en aboiements incessants ; ils avaient compris que leur maître et ami allaient faire un bout de chemin ensembles, comme chaque fois que le climat est clément. Quand nous arrivons au bas des escaliers extérieurs, des gens en voiture nous saluent sans stopper. Oh ! Je sais pertinemment que ce salut s’adressait à Jean. Quand Jean se met à affirmer :

- On n’arrive pas à connaître ! Té, encore une autre ! Ah ! Bé, ça en fini plus, je te dis !

C’est pire que les Champs Elysées ici !…..pour la circulation.

Et notre hôte d’évoquer avec sa verve, les atermoiements du docteur.

Et Jean raconte :

- C’était à la période des cerises ! , précisa Jean, et, continuant,

- Ils venaient tous les ans au moment des cerises , passer un week-end dans les arbres , et ils pique-niquaient chez ma sœur et chez mon beau-frère parce qu’ils étaient …… et , c’était tout un groupe d’intellectuels , oui , il faut dire ce qu’il en est , c’était quand même un peu le gratin , c’était tous des profs agrégés , des docteurs ….

Voyant que Jean hésite, je lui dis à la hâte :

- Des avocats ?

- Non, y avait pas d ‘avocats ! Tu vois c’était quand même une ….heu !? ; c’était le dessus du panier comme je dis moi ! C’est pas parce qu’ils étaient au dessus du panier qu’ils étaient plis malins que moi, mais la preuve. Hé, hé !

- Et là, ce médecin et ses acolytes venaient donc au mois de mai, alors ?

Demandai-je à Jean. (Mai, étant la saison des cerises dans l’Ardèche méridionale, ou nous nous trouvons précisément), ainsi Jean :

- Au mois de mai oui !

Alors, je poussai Jean par ma question préméditée.

Pour les cerises ! Et il t’avait fait part des difficultés qu’il traversait avec ses filles ?

- C’est en dire en discutant oui ! On discutait. Il était embarrassé de … comment je te dirais ça ? Je me rappelle pas bien !

- Tu me l’avais évoqué, c’est lui qui t’avait posé la question : «  Jean, comment faire ? Je ne sais plus quoi faire !? » .

- Oui ! Oui ! ….je ne sais plus quoi faire ! C’est vrai, il avait des filles qui étaient assez grandes, vois ! Alors il me demandait sur l’éducation, non ! Pas sur l’éducation, mais sur le comportement de ses filles, heu !…, comment on dirait ? , hé ben en dehors de leurs études quoi !

- Je vais te rappeler ce que tu m’as dit !

- Oui !

- …..parce que …, quand une de ses filles voulait cinq francs, elle obtenait cinquante francs, n’est ce pas ?

- Voilà, c’est ça ! Oui , il me disait que ses filles voulaient partir dans une communauté hippie , ….( silence ) , alors , il comprenait pas quel genre de vie elles voulaient mener , sauf que quand elles lui demandaient cinq francs , il leur en donnait cinquante , justement ! Alors il ne comprenait pas qu’elles veuillent partir dans une communauté hippie ( ?), passer leur vacances, il le voyait mal ; alors je lui ai dit : «  Elles en ont trop tes filles, elles savent pas ce qu’elles veulent ! elles connaissent que cette vue de … » , alors c’était , je me rappelle , il me disait , les croisières l’été , c’était les stations d’hiver , le ski , les stations d’hiver , tu vois de ..,

Elles avaient tout, mais, tout ce que les enfants du peuple ne pouvaient pas se payer carrément quoi ! Alors, il me conseillait de leur faire à faire pour… Heu ! , pendant les vacances ! Et moi alors je lui dis , hé de les mettre au travail , pour leur apprendre à savoir ce que la valeur de l’argent , et puis , c’était marrant , parce ce que tout ce que je disais c’était , hé .., c’était paroles d’évangile ,….,hé , c’était paroles d’évangile ! Insista Jean en sourdine. Il ajoute :

- Je lui dis, té, trouvez leur un travail d’été, et elles verront qu’à la fin de l’été, ce que c’est que le travail ! Alors, il est, il me demande de quoi !?.../...

 

La Généalogie 

Jean au cours d’une de nos promenades rituelles a tenu à m’évoquer quelques uns de ses ancêtres glorieux, et a d’abord dit :

- Je ne sais pas si on a parlé que ma famille remontait à 1320 ? , je restais là, à ne pas l’interrompre, et il poursuivit :

- J’ai retrouvé aux archives (départementales et nationales) …, l’arbre généalogique, j’ai pu remonter grâce a un cousin, jusqu’en 1570 à nos jours ! Et …, beaucoup de gars, heu ! , et il y en a qui veulent être descendants Amblard, je te le dis !

Ici, Jean insiste sur la démarche intéressée de quelques uns en ajoutant :

- Il y en a qui sont venus me voir, en me disant : « …on est cousins, mais ( ?), je ne sais pas depuis combien de générations ? Tu vois c’est … ( ?).

Jean continue, et:

- Si on faisait le machin de tous les Amblard, je crois qu’on serait nombreux, hé ! , et tu vois, dans les branches, j’ai des cousins jusqu’à trois générations que je connais ! Qu’on se fréquente un peu quoi ! disons !… C’est ce qu’on appelle les cousins d’enterrement, tu sais ?

Il sourit, toutefois il persiste dans sa pensée en continuant ainsi :

- En principe c’est ça , les familles on se réunit maintenant , …., autant je me rappelle de ces repas de famille qu’on faisait , il y a quelques années que c’est fini et on peut plus se regrouper comme …….. .

Notre hôte livresque parlant encore :

- …... mais je me rappelle moi, en étant gamin dit …. , mes parents, quand ils faisaient des repas de famille, dit, on était, hé ! Trente, quarante à l’époque, c’était après la guerre quoi ! En (45), parce que pendant la guerre, heu ! …

Ici, j’interromps Jean pour complément d’informations et lui demande :

- Qui était ton papa, qui était ta maman ?.../...

 

Les animaux domestiques de « Les Rieux » 

Je ne pouvais pas ne pas faire part de mon ébahissement, à la vue du comportement de nos amis les chiens et les chats qui grouillent à «  Les Rieux », et Jean y est pour beaucoup dans l’harmonisation de ces bêtes. Il importe de laisser sur le papier une telle cohabitation, des gens du hameau et des fidèles compagnons à quatre pattes. L’usage veut que nous prêtions des quolibets, voire des prénoms aux infortunés mammifères à poils. Si je vous dis : « Patton », « Balou », « Babar », qu’est ce que cela vous évoques ? Et «Missette » ?

Qui n’a pas vu un chien suivre son maître ?

Qui n’a pas vu un chat se faufiler ?

En ce début d’après midi du vingt trois février , les chiens expriment leur joie par des jappements et des aboiements soutenus , ils ont compris que Jean s’apprête à effectuer son parcours champêtre quotidien , et ils deviennent frénétiques , à tel point que Jean dit :

- Il a de la chance qu’il m’obéit, tu sais, sinon il prendrait un coup de canne … !

Je vous assure que Jean aime trop les bêtes pour les admonester. D’ailleurs quand Jean à haussé le ton, les toutous étaient tellement impressionnés, qu’ils ont aboyés de plus belle derechef, et notre ami d’insister :

- Allez ! Allez !…. (la voix plus forte), ça suffit !!! ….Allez ! ….

Et nous voilà partis avec nos aboyeurs …/...

 

Le(s) Dolmen(s)

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S’il est des authentiques émotions, accompagnées de contradictions, et ad libitum tout du long de ces échanges et de ces citations, quand Jean et Jérôme décident de creuser une tranche d’instant, ils s’accordent spontanément sur le devenir des heures qui vont être les nôtres dans l’histoire qui va nous occuper, ainsi, quand Jean dit :

- Oh ! Le dolmen, il y a quelques années que je n’y suis pas allé ….,

( Je me dois de vous préciser , que , quand Jean et moi avons conclue de cet itinéraire de ballade , nous quittions une véritable saveur de tablée , non que nous ayons bu et ripaillé , mais par le dégagement de nos paroles tellement brutes et vraies , d’avec Bernadette , sa moitié , nous décidâmes de nous rendre à pieds au(x) dolmen(s) ) . En l’occurrence , si le pluriel se mêle au singulier , les vivaces résidents de longues dates de « Les Rieux » , par ce clin d’œil vous convie à penser que bien des édifices de pierre que l’on appelle usuellement : Dolmen ont été érigés de longue date , mais qu’importe , ça n’est pas le sujet , parce que , ce qui nous attire l’attention , c’est Jean de … Vous êtes devenus des familiers , non ?.../...

 

S’il vous plait, ressaisissez vous, car ; si la répétition ne ressemble en rien à la répétitivité, l’insistance du ressassement dépasse croyons nous ; et les situations, qui les instants, qui les opportunités ? Ce vingt six février de l’an deux mille trois, lorsque Jean et moi arpentions le vieux sentier qui mène au dolmen du hameau voisin, il s’agissait bien d’un chemin de la commune de Lussas, au lieu dit : « Mias », comme de fait, nous avons vus des quidams aller et venir.

Mais , si des gens de rencontre de nos « prises d’air » , ont une démarche de découverte de l’endroit , soit qu’ils en aient entendu parler , soit qu’ils l’aient appris par des organismes départementaux , ou autres associations , nous avons (en passant devant sa maison ) , stationner sur le devant de la porte en arcade de Raoul , aîné de Jean de dix ans . Et, il ne peut être qu’instructif d’écouter converser des aînés, en se mêlant à la conversation ponctuellement.../...

 

La Rencontre 

Comment en suis-je venu à étaler des tranches de vie de Jean ?

Hé bien, ayant comme relation une connaissance d’un de ses fils, de fil en aiguille et de propos en idées, la question qui s’est posée devint : « Et si tu écrivais une biographie sur Jean ? »

Pour ce faire, après que la suggestion m’eût tentée, il fallait convaincre Jean de l’intérêt de cet engagement livresque. Ici, j’admets que ce ne fut pas difficile. Pas difficile parce que Jean m’a adopté rapidement. Notre rencontre dégageât d’emblée beaucoup de sympathie et de confiance mutuelle. Bien qu’expérimentale, cette proposition se profilait comme une nouvelle aventure, et il fut rapidement enchanté en se prenant au jeu des questions quasiment le jour même.

Il nous fallut établir un calendrier pour avancer dans la notation des diverses histoires qu’il allait me raconter, aussi nous convînmes de nous rencontrer une après midi par semaine.../...

 

La Fratrie 

Bernadette et Jean ont mis au monde, six enfants ; trois filles, trois garçons.

Imaginons cette mère et ce père mobilisés pour l’éveil de cette marmaille (comme il se dit) ; évidemment ça était le cas. L’éducation de ces enfants, leurs enfants fut-elle correspondante aux besoins des derniers arrivants de la famille, mais itou, était-elle intégrée à l’endroit. La campagne, et tout ce qui est afférent à cet environnement naturel. La tâche des parents épaissie par ; et l’exigence de la culture agricole, et la santé affective, morale et éducative de leurs chérubins, onc ne leur laissât baisser les bras ni à l’ardeur à la tache. En définitive, plus qu’un rôle ou un devoir à remplir, Bernadette et Jean, n’ont-ils pas rendu cette présence parentale bien espérée par tant d’enfants ?.../...

 

60 ans sous un bât 

« C’est là que le bât blesse ! », vous connaissez cette expression ?.../...

 

Du bœuf au tracteur 

Dans ce pays qui vous est devenu familier dorénavant, il se fait école de remémorer que lorsque le deuxième conflit mondial pris fin, dans bien des campagnes de France, la bête de somme était le véhicule agricole le plus répandu. Quand, à l’aube de ses vingt ans (1948), Jean vit la mécanisation du monde champêtre surgir, quand le tracteur remplaça le cheval de trait, une révolution venait d’avoir lieu. Un véritable bouleversement, les animaux de trait, bœufs et chevaux, se verraient supplantés par des engins motorisés les battants en heures d’effort à fournir. Jean a vécu cette « passation » de services entre le bétail du sillon et les roues crantées des charrues à moteur. Véritable charnière sociale et philosophique. La modernité allait éconduire les vieilles façons de faire, la cadence allait s’accélérer avec un point de non retour. Que pensait Jean à l’idée de ce changement radical de cultiver ?

- Tu sais ! , (Me disait-il !) , à l’époque, les bœufs et les chevaux, quand ils étaient fatigués, hé bé ! , ils s’arrêtaient !.../...

 

Les Illustres 

Dans sa lignée, Jean est fier de narrer ses glorieux ancêtres.../...

 

La vigne et les pêchers 

Lorsqu’il du se retirer à l’âge ou il est temps de cesser de s’échiner au labeur , quand certain que les enfants « volaient » de leurs propres ailes , quand , après un tour d’horizon du résultat des tonnes de terre remuées , quand , aux vues des centaines de kilomètres de sillons , quand , gardant pour toujours en souvenir la douleur du dos que la taille de la vigne et des vergers ont empreint dans sa chair , à contrario de bien de ses contemporains , Jean , ne pouvait pas stopper de la plus simple sortie qui mène à la retraite .

Alors, Jean fit son partage terrien.

Un de ses fils, allait s’occuper de la terre, et ses frères et soeurs se verraient gratifiés de bâtisses et de terres en compensation. Le successeur à l’exploitation, Thierry, très volontaire, et, ayant connu sur les traces de son père l’art du travail agricole et ses exigences ne se décourageât pas.../...

 

Jean l’encrier, et moi la plume 

Il parle, j’écris après.

La méthode est soutenue par ces deux modes. Première façon, la notation instantanée ; deuxième technique, l’enregistrement de nos entrevues.

Bien sur , je soumets le résultat du contenu à un de ses trois fils , et , par l’assentiment qui est dégagé , où , je réfrène mon élan , ou , le développement suit sa destinée , et ce , non sans en avoir référé au principal impétrant , Jean . Il aura fallu une nécessaire complicité entre Jean et moi, pour donner apparence et consistance à cette démarche, à la volonté de la mémorisation d’une vie. Rédiger sur un cursus aussi original soit il, impose un amalgame de légèreté et de rigueur, pour rendre son âme aux évocations du passé, il nous est vite apparu utile de s’imposer des répits. De ma place, la crainte majeure liée à notre entreprise, était de ne rien caviarder du récit, d’essayer de donner son épaisseur légitime à toutes ces anecdotes, d’inscrire de façon brute et crue out le relief du langage caractéristique de Jean, en vous laissant vous embaumer et vous baigner de cette atmosphère odoriférante, de vous rappeler aux décors qui nous cernaient, empli de ses quintessences typique de ce sud Ardéchois. Pour donner un visage a une entité de papier, cela ne peut pas s’opérer sans poésie et sans sensibilité. Si je devais peindre Jean avec des mots, alors je me demanderais : «  qu’est ce qu’il faut apposer sur la feuille pour « cadrer » le sujet, et qu’il soit lisible et reconnaissable, et ce, avec un regard d’esthète ? ». Le volume du principal instigateur de ses lignes se devait d’être rendu par sa vie même, par ses paroles, par ses témoignages. Avons nous atteint cet objectif ?

Si vous en êtes à ce stade de la lecture, je peux considérer que vous avez adhéré, et que le partage par transmission de citations vécues, a parfaitement rendu son aspect d’authenticité.

Quelques anecdotes spécifiques 

Le Partage 

Il m’arrive de temps à autre, d’échanger quelques mots avec Bernadette (l’épouse) et Jean, et quand nous conversons, l’ambiance est toujours détendue, fidèle à l’isolement et à la grandeur de l’endroit. Car , sans ressasser ; pour bien que vous vous imprégniez de la personnalité de Jean , loin de tout prosélytisme , le rappel devient une sorte de familiarité , telle une tenace envie de vivre pleinement ces cours moments de tranquillité. Entre bien des interrogations, des curiosités, il paraît fondamental d’inscrire cette plénitude pour la partager.

Tous les vignerons avaient des droits d’alcool pur selon un quota établi depuis des lustres. D’ailleurs, ce droit disparaît au fur et à mesure que les exploitations disparaissent, ou, quand un viticulteur fait une passation à un des ses enfants. Bref ! Et à cela, quand je demandai à Jean :

- Jean, tu disposais annuellement d’un droit de tant de litres de marc, est ce que tu en distribuais à certaines de tes relations ?

Et Jean de répondre :

- Bien sur ! Des bouteilles de trois quarts de litre ! , eus-je en rétorque,

En insistant, je lui demandai :

- Pourquoi ne pas stocker en contenant d’un litre ?

- Ça fait plus d’heureux, car, plutôt que de donner trois litres à trois personnes, il semble plus sympathique de donner quatre trois quarts de litres à quatre copains. Non ? Qu’en penses tu ?

Là !… de suite vous vous dites :

- Que pense-t-il en fait ? . Entre nous, ……………, mais vraiment entre nous…

Il m’était là ! Ici ! Donné de réapprendre la solidarité.

Jean répétât, fort de ce que sa faconde avait déjà rendue et,

Je restais pantois et impressionné, très franchement ça faisait plaisir à Jean. . Mais ne vous ne méprenez pas, bien des citoyens de nos régions ((et vous y êtes), dans la région), fonctionnent à coup d’instantanéité et d’humeur fraternelle. Et qu’est ce qui différencie Jean de nos autres aînés ?

Les justifications peuvent pleuvoir, or ça ne vaut pas une ondée du matin. Jean, sans le quémander se voit enrôler dans une fabuleuse destinée supplémentaire à son parcours même.

 

Le cochon à deux têtes 

Quand j’ai rencontré Michel, le contemporain de Jean, il m’a demandé :

- Est ce que Jean t’a raconté l’histoire du cochon à deux têtes ?

- Ah non ! Répliquai-je. Qu’est ce que c’est que cette histoire Michel ?

- Oh ! Son père était paysan, et il avait des cochons, comme beaucoup ici. Et à la période de janvier, on tuait le cochon.

Il réfléchit un peu, et dans la lancée, Michel ajoute :

- C’était pendant la guerre ! (39/45) Dans ce temps là, il fallait déclarer à la mairie, quand un paysan tuait le cochon. Mais le père de Jean, c’était un malin, et au lieu d’en tuer un, il en tue deux.

Pendant la « charcutaille », le garde champêtre vint à passer, et il hèle les charcutiers occasionnels et leur demande :

- Qu’est ce que vous faites ?

- Hé bé, on tue le cochon ! , répond le père.

Or, en ce temps là, on pendait les têtes à une esse. Donc, notre curieux voit ces deux têtes et reste perplexe. Vous savez, dans nos régions de cette France, dite profonde, il y avait des phénomènes d’olibrius qui s’en jetaient plus de raison derrière la glotte. (Encore de nos jours d’ailleurs), et il en était. Et voilà que notre préposé municipal s’en retourne au village.

Mais avant sa venue, les tueurs avaient évacués un cochon vers un autre lieu pour ne pas être réprimandés, et ils avaient laissé la tête au crochet, d’ou, deux têtes pendues. Vous suivez ?

Et dans le café de la commune, ne voilà-t-il qu’une étrange histoire se raconte par la bouche du garde champêtre. Et « écoutez » plutôt :

- Vous ne savez ce que j’ai vu chez Amblard de « Les Rieux » ? J’ai vu un cochon à deux têtes ! C’est bien la première que je vois ça !

Vous devez comprendre que malgré l’état de guerre, les commentaires ont du fuser dans les chaumières. Cela révèle aussi, ce sens unique qu’ont les descendants des Gaulois pour la débrouillardise et la malice savoureuse.

 

Les abeilles 

Lorsque j’ai rencontré Michel, un ami de Jean, il m’a narré une histoire de leur jeunesse, l’histoire des abeilles.

Cela se passait vers 1933 ( ?)

Le père de son copain avait des ruches, il est vrai que le climat et la zone géographique sont propices à l’apiculture.

Jean me racontât avec nostalgie cet épisode :

- On n’était pas grand dit, on avait quatre ou cinq ans maximum…

- C’était en trente trois ou trente quatre ? Demandais-je.

- Ouais ! Ouais dans ces goûts là ! Ce devait être en trente trois, on était né tous les deux en vingt huit.

Puis Jean se lance dans l’évocation de l’anecdote avec un pincement visible.

- Et il faisait chaud je me rappelle,

Michel et Jean tous deux gamins de la commune, de surcroît de la même classe (c’est à dire nés tous deux la même année), étaient des gamins avides et curieux en ce temps là, comme bien de leurs contemporains du monde rural, ils avaient l’espace et un immense champ de possibilités quant à leur apprentissage à la vie. Quand on est gamin, la taquinerie et de mise, aussi n’ont-ils pas l’audace d’aller titiller une ruche avec des bâtons…Et ce malgré les maintes mises en garde du père de Michel.

Allez donc tracasser une colonie d’abeilles qui s’affairent, vous imaginez le scénario, vous vous doutez tout autant du résultat sur le comportement des butineuses. Et ce qui devait arrivait arriva.

Michel fut assailli par une nuée des ces hyménoptères et les dards des guerrières infligèrent une sévère leçon aux audacieux, car Jean eut droit aussi à quelques piqûres pinçantes et pénétrantes.

Voilà les deux gamins affolés et perclus de douleurs qui s’enfuient à toutes jambes.

La réaction des victimes fut d’aller vers la mère de Michel en quête de soins et de réconfort. Seulement c’était sans compter sur la présence du père. Celui-ci bien que bouleversé demandât à nos deux garnements :

- Qu’avez-vous fait ? Où étiez vous ?

- Nous avons été aux ruches ! Répond Michel

- Ah c’est çà ! Je t’avais bien dit de ne pas y aller aux ruches !

Paf ! Et repaf ! Le père se chargeât de rappeler la désobéissance par une admonestation accompagnée d’une fessée magistrale à nos inconscients de service…/…

 

L’institutrice 

 

Et après 

Jean ne s’intéresse pas à la gloriole et au « m’as tu vu ? », et pourtant, uniquement et seulement grâce à son rayonnement naturel, par la reconnaissance des gens qui le côtoient au quotidien, il représente une mémoire vive locale, et à bien des égards une mémoire collective. C’est le genre de personnage qui se suffit à lui seul dans son essence, sans qu’il ne s’en préoccupe et mieux encore, sans que ses proches qui l’aiment n’en fassent cas. C’est la force du cru. Jean me transmet sans cesse en insinuations, qu’il a à cœur d’un devenir un peu moins chaotique pour ses enfants, ses petits enfants, et tous les enfants du monde. Il est, derrière sa rudesse apparente, ce que nous dénommons sympathiquement une bonne patte, et il l’avoue hautainement que les animaux nous « coiffent » en amitié et que le genre humain devrait suivre l’exemple…/…

 

Avant que vous ne quittiez cette littérature qui vous mobilise, qui nous pose dans son contenu, la question des lendemains ( ?) , la question dont il s’agit en l’occurrence , n’est que celle qui vous tenaille , l’identique , la jumelle , la « clone » ( en volant au vol , un terme d’une actualité qui sera si ancienne et ringarde dans moins de temps qu’il n’est permis d’y croire ) , la seule évidente interrogation qui doit apparaître ne peut que vous réjouir , me réjouir , nous enchanter . Est ce que Jean est un aimable parmi les vétérans ?.../…

 

Réponse 

" Jean des Rieux " vous sourit de prime abord.

4 mars 2003

 

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